14 décembre 2005
Présentation
Voila, j'ai commencé l'histoire de ce type banal il y a quinze jours et je voulais le publier pour avoir un avis. C'est une sorte de nouvelle avec une petite chute. Lisez l'histoire jusqu'au bout svp et laissez moi des commentaires pour mettre un point de vue et me permettre de m'améliorer
Merci d'avance et bonne lecture
Réaliste
"Je pense qu'un romancier qui n'écrit pas des romans réalistes ne comprend rien aux enjeux de l'époque où nous vivons".
Tom Wolfe
Type Banal
Le mec banal, il a 40 ans, il est au milieu de sa vie mais il se sent plus près de sa mort que de sa naissance. Ce type banal, il a un prénom banal comme Julien par exemple. Julien vit dans un pays de l'occident devenu si banal et qui perd jour après jour sa diversité. Il a une femme, deux enfants et il a une envie folle de tout foutre en l'air mais il ne le fait pas car au fond de lui, il se dit que ce n’est pas raisonnable. Donc tous les matins, il se lève, se lave, mange, il salue ses enfants avec un bisou devenu lui aussi si banal. Ah le boulot ! Le mec banal, il s'en fout de son job tant que ça lui rapport du fric et de ce côté-là il n’a pas à de quoi ce plaindre, pas très riche mais pas pauvre, tout juste banal. Il n’a pas toujours été ainsi, enfin il croit qu'il ne l’était pas, pendant l'adolescence Julien voulait pas devenir normal, il en avait même peur et il ne croyait pas être comme tout le monde avec ses grands airs rebelles mais en fin de compte, Julien était comme tous les jeunes de son âge, il voulait pas devenir comme ses parents : BANAL. Et si la vie s'était tous simplement réduite à ne pas vouloir être comme ses parents les 25 premières années de sa vie et en fait le devenir pour le restant de ses jours ?
La question est classique pour ne pas dire banale mais elle est un reflet de notre société moderne. Pour en revenir à Julien, il est banal donc, et au niveau politique il est comme beaucoup d'autres, ça fait longtemps qu'il n'y croit pas plus tellement. Simplement, être banal en 2005, c'est être blasé, pessimiste et résigné, blasé de ne plus vivre des choses vraies, les gens sont déconnectés des réalités, les vraies réalités, pas celles imposées par la société. Le béton de la ville nous fait oublier la nature, la simple joie d’être assis adossé à un arbre. C’est sûrement très naïf mais c’est beau la naïveté. Peut-être sommes nous devenu trop exigeant et que l'on est ne sait plus apprécier la vie ?
Julien est athée, de toute façon il ne croit plus en rien depuis ses 25 ans. Il a été baptisé et il a fait sa communion, plus pour ses parents que pour lui. Mis à part la religion, autrefois, Julien croyait en beaucoup de valeur, de rêves comme l’amour, l’égalité, la justice, il y croit toujours au fond de lui mais plus intensément.
Julien est aussi un cas typique de l'adolescent qui n'a jamais passé l'âge adulte. Dans cette société floue, on ne discerne plus l'enfance de l'âge adulte :
soit on est grand enfant toute sa vie soit on est vieux trop tôt. Les jeunes n'ont
plus d'idéale de repère. La société est brouillée dans un flou total sûrement dû
à un trop plein d'informations dès le plus jeune âge. L'enfant n'est plus dans son cocon. Dès 10 ans il est confronté au monde adulte de manière si brutale. La société est si floue.
Suite
L’intérêt de cette histoire n'est pas de définir la banalité car il y a de nombreuses sortes de banalités, autrement dit de nombreuses classes sociales, ethniques ou culturelles. Son but (tout est relatif) est de définir la banalité produite par le capitalisme moderne et la mondialisation. Je ne formulerais pas d'opinions sur le capitalisme ou sur la mondialisation, je montrerais juste ma vision de ce type banal, ce ne sera peut-être pas la même que la vôtre mais j'espère que vous y reconnaîtraient certaines personnes du quotidien.
La parenthèse étant fermé. Je reprends la description de Julien, grand adolescent qui a perdu ses rêves et ses illusions : c'est triste. Julien est physiquement banal mais il fait peur à voir avec son visage aigri après le boulot. On dit que la vie serait plus belle si on gardait sa naïveté infantile mais si on profitait des petits plaisirs du quotidien, qui pendant quelques secondes vous font du bien, ça serait peut-être bien aussi ? C'est vrai que garder sa naïveté c'est bien mais tous simplement profiter des petits plaisirs c'est très bien aussi. Julien, cela fait longtemps qu'il ne profite plus tellement de la vie. Il baise plus sa femme, et les putes et sa main droite lui procurent du plaisir mais il regrette la période où il aimait encore sa femme. Ah l'amour ! Je n'épiloguerais pas là dessus, on en a déjà assez dit dans les textes et les chansons.
Après avoir fini sa journée de travail, Julien rentre chez lui, il salut ses enfants et sa femme comme un rituel. Julien est un père absent, un mauvais mari et il a jamais eu de talent pour rien mais il “s'en est sorti”. Il gagne de quoi vivre des jours paisibles. Et ne croyait pas qu'il a toujours été le même, il a été jeune comme tous le monde, il a rêvé d'un monde meilleure sans jamais lutter pour ça comme beaucoup de monde d'ailleurs. Il se demande bien si le monde peut-être bon ? Est ce qu'il l'a été ? Beaucoup de questions sans réponses. Il pense juste être né du bon côté, celui des riches. Franchement je ne pense pas qu'un type banal se pose ce genre de questions. Mais il devrait. Julien ne se pose plus de questions. Et quand il regarde le JT, il pense comme tous le monde, que c'est triste mais après tous cela ne le concerne pas. Le monde est devenue égoïste, je ne suis pas le premier à le dire, mais a-t-il été un jour non égoïste ? Encore une question sans réponse, il y en a beaucoup sur ces dernières lignes, vous avez peut être des réponses ?
Apparences
Julien aime son physique comme beaucoup d’autres hommes. Il est grand, au alentour d’un 1m80, brun aux yeux foncés, et il ressemble à un vieux dandy, les chemises blanches à long col sont la base de sa garde-robe. Sa chevelure foncée est parsemée de quelques cheveux blancs qu’il tente de dissimuler tous les quinze jours en allant au salon de coiffure. Julien a un long visage allongé toujours bronzé grâce à de longue séance d’U.V. Il veut plaire mais ne plaît plus tellement. Il aime marcher dans la rue avec ses Westons aux pieds, des pantalons fuseaux, et ses habituelles chemises surplombés de costumes bien taillés. Julien passe une bonne partie de son salaire dans le paraître, il achète de nombreuses montres, voitures et autres apparats.
Consommateurs Heureux
Julien n'a pas beaucoup d'amis. Il a bien sur de nombreuses connaissances qui lui donnent l'illusion d'une réussite sociale, mais il n'a pas d'ami. Julien est tout de même heureux, tous dépend de notre vision du bonheur. Julien est heureux quand il va choisir une nouvelle télévision, quand il va aux putes, quand il va acheter ne serait-ce qu'une baguette chez le boulanger. Julien est un consommateur heureux. Julien est consommateur, pas citoyen.
Après la description voici une courte biographie banale de Julien :
Julien est née le lundi 14 mars 1963 à Versailles de parents bourgeois. Son père était ingénieur tandis que sa mère ne travaillait pas. Il vécut une enfance heureuse et banale jusqu'à l'âge de 14 ans où il entra en rébellion contre ses parents. Il choisit alors d'intégrer les jeunesses communistes pour s'opposer aux idées capitalistes de son père. Julien était un grand admirateur de l'URSS, et aussi paradoxalement des films hollywoodiens de l'époque. C'est plus par rébellion que par conviction qu'il se rendait toutes les semaines aux réunions du parti. Quatre ans plus tard, il quitta le parti communiste pour le parti socialiste. Et c’est là le début de son rangement vers le capitalisme, qui va le bouleverser. C'est à cette époque que Julien se voit obliger de choisir sa voie et en choisissant de devenir expert comptable, il perdit toute ses idées (déjà peu nombreuses) et sa naïveté. Il n’a pas choisi ce métier par passion mais plutôt pour plaire à ses parents. Julien dans sa vie agit rarement par plaisir, il agit plus par nécessité. Il ne guide pas sa vie, la vie le guide.
Jusqu'à 23 ans, il poursuivit ses études et à 24 ans il devint comptable d'une petite boîte avant d’entrer dans une grande boite d'agro-alimentaire. Il rencontra sa femme à 25 ans, fondit un foyer et sa vie ne devint plus qu'une suite d'années monotones. Une vie tellement monotone qu'elle le mènera à ce qu'il est devenue : un consommateur heureux et un citoyen aigri.
Le Ying et le Yang
Julien, malgré la description, est joyeux. Il est joyeux au cours de la journée quand : le travail se termine, il mange bien, il va aux putes, prend sa douche ou joue au tennis avec ses copains. Il est moins joyeux quand : il se lève le matin, il marche dans la rue, mange mal, rentre chez lui après une longue journée de travail et que sa fille l’emmerde ou quand il est forcé de baiser sa femme. Il est égoïste, cynique, impatient et blasé. Mais il est aussi gentil, travailleur, intelli
gent et parfois marrant. Il aime sa fille mais il n’aime plus sa femme. Il aime travailler mais il aime aussi que la journée de travail se termine. Il aime sa mère mais pas son père. Il aime jouer au football mais pas avec sa fille…
Paradoxe
Julien n'aime pas les vieux, car ils sont trop heureux, il n'aime pas les jeunes, car ils lui rappellent qu'il vieillit. Il aime juste les cinquantenaires en pleine cri#se existentielle car il se dit qu'il a encore le temps avant de passer ce cap. Bref,
à part les jeunes femmes, il n'aime pas grand monde. Il ne les haït pas mais il s'en moque. Mais c'est lui qui est pathétique avec ses airs d'Al Paccino. A-t-il raté sa vie ? Cherche-t-il a l'oublier en se moquant des autres ? Julien est passé à côté de l'essentiel, mais il n'a pas loupé le superficiel. Il ne se rend pas compte, il pense "avoir réussi sa vie", il a une belle voiture, une belle maison, il avait une belle femme mais elle a vieilli et il a de beaux enfants et un beau gazon. Il a une réussite "américaine". Il lui manque juste la barrière blanche. Je ne veux pas épiloguer là dessus. Tout le monde sait que nous vivons une uniformisation des modes de vies mais je me garderais de dire ce que j'en pense ça serait trop long.
Julien se confond dans la masse tout en restant égoïste. Nous sommes dans une période de paradoxe où la masse s'impose mais ou l'égoïsme est roi. Tout le monde se fout de tout le monde mais tout le monde s'imite ! On devrait s'écouter et se respecter en groupe pas en masse, affirmer nos individualités non par modes mais plutôt par goûts.
À Table
Il est huit heures, Patrick Poivre d’Arvor salut les téléspectateurs, la famille de Julien est à table. C’est le seul moment de la journée où la famille se retrouve réunie. Le silence est pesant, seul le son du JT émet un bruit de fond. Le Journal Télévisé de TF1 qui s’impose comme l’improbable sauveur de la famille. Juliette, la petite fille de Julien, ose rompre le silence : “Papa, Maman j’ai eu la meilleure note en récitation”. Ses parents lui répondent que c’est bien et puis le silence se réinstalle petit à petit. La petite fille le sent bien et essaye à maintes reprises de relancer la conversation mais en vain. Le repas se termine. La relation entre Julien et sa femme est tendue depuis quelque temps…
Miroir
Regardez-vous 30 secondes dans un miroir en pensant à vous-même. Vous verrez beaucoup de points négatifs, physiques, socials ou psychologiques. On n’est jamais ce que l’on voudrait être. Est-ce la société moderne ou l’invention du miroir qui crée ce phénomène ? Sûrement les deux mon capitaine, le miroir le crée et la société le crée avec ses codes. On peut néanmoins noter la multiplication des glaces en ville, dans les maisons, les lieux publics… L’homme serait-il maso ?
Julien se regarde dans le miroir. Il se trouve beau mais il pense qu’il ne gagne
pas suffisamment d’argent. Il se trouve faible, il aimerait être le chef et ne plus dépendre d’un chef. Il n’aimerait pas voir l’abolition de l’autorité mais il voudrait avoir le pouvoir. L’homme occidental en veut toujours plus, il veut ce qu’il n’a pas. Et ce n’est pas un phénomène d’aujourd’hui, cependant il est exagéré par la société de consommation. Aujourd’hui on ne veut plus ce qu’a le voisin mais on veut tous, tout ce que nous vend la publicité. On veut être beau, intelligent et sympa…
